DESSINS D’ENFANTS

S3 Un garçon de 6 ans, représente un personnage très belliqueux, l’accent est mis sur le dessin des dents, des griffes et sur le coloriage noir, haché qui renforce le sentiment d’agressivité. A noter le cou incomplètement attaché au tronc qui signe une conscience de soi abîmée à défaut d’être morcelée.

 

 

S2 La dessinatrice est âgée de 5 ans. Elle représente sa famille dans et proche de la maison familiale. Elle nous montre, par sa réalisation, que la différence des sexes est bien intégrée. Les personnages sont reconnaissables : ceux de sexe féminin ont une chevelure longue et retombante qui évoque la féminité alors que le père a ses cheveux « érigés » et que le frère aîné à droite est plutôt démuni sur le plan capillaire. Père et mère sont représentés d’une taille supérieure à celle de la jeune fille ce qui signe une différence générationnelle intégrée.

Mais cette jeune enfant exprime aussi son désir inconscient d’un lien exclusif avec son père en se positionnant près de lui, à l’intérieur de la maison. La mère et le frère aîné sont disposés à l’extérieur de part et d’autre. Si l’auteur du dessin souhaite partager une relation privilégiée avec son père, elle n’accepte pas, pour autant, que son frère et sa mère se rapprochent. Elle exprime ainsi une certaine ambivalence des sentiments.

Par rapport aux détails qui ont à voir avec ce qui se joue sur le plan de la résolution du conflit œdipien, on observe que seuls les parents possèdent un nombril que j’interprète comme un équivalent d’une représentation du sexe. La chevelure, qui est un symbole sexuel, est abondante chez l’auteur du dessin et sa mère, érigée chez le père et absente chez le frère aîné à qui le sujet dénie toute expression sexuelle qui ne pourrait être dirigée que vers la mère dans cette configuration œdipienne.
A noter enfin, l’expression d’une forme de culpabilité œdipienne ou de réparation qui peut être interprété à partir de la représentation d’une maison avec quatre fenêtres qui indiquent, me semble-t-il, que chacun a tout de même sa place à l’intérieur.

S4 Ce dessin d’une jeune haïtienne âgée de 6 ans, illustre un aspect important du traumatisme psychique qui est le syndrome de répétition des angoisses liées à l’événement traumatogène initial. Celui-ci est caractérisé par l’entrée brutale et violente d’une milice paramilitaire dans l’école maternelle que fréquente cet enfant : cris, coups, maîtresse jetée à terre, peurs. La réitération du vécu traumatique apparaît évidemment dans les cauchemars (elle se réveille en pleurs, tombe de son lit et a alors besoin d’être rassurée longuement), dans la vie courante (une porte qui claque, une voix plus forte et elle est saisie d’effroi), mais aussi dans le dessin. On observe le chaos, la confusion qui envahit la surface de la feuille. Cette jeune enfant dessine des personnages aux yeux vides, des visages comme on les imagine dans les cauchemars, des formes non déterminées, inquiétantes et ajoute des séries de taches, de points dont elle ne peut rien dire lors de l’entretien.

 

 

 

S1 Autoportrait d’un enfant persécuté par l’apprentissage. Ce dessin est celui d’un garçon scolarisé au CP avec d’importantes difficultés d’apprentissage de la lecture. Il n’arrive pas à retenir les éléments de lecture, il dit « être nul » et baisse les bras. Le plus souvent, l’école ou plutôt les résultats scolaires, lorsqu’ils chutent, peuvent être considérés comme un indicateur voire un symptôme de la survenue du trouble dépressif. Dans le cas de cet enfant, je fais l’hypothèse que l’échec dans les premiers pas en lecture joue plutôt le rôle d’un facteur déclenchant. A noter que la représentation très secondarisée, symbolique semble, dans ce cas-là, de bon pronostic.

 

S5 Ce dessin, réalisé par un enfant de neuf ans, est rare dans la mesure où il ne nous propose pas une représentation symbolique qui pourrait être associée à l’angoisse ressentie, mais une certaine forme de représentation inconsciente et directe de cette angoisse.

L’angoisse est représentée par ces « vibrations » qui entourent et assaillent la maison venant de plusieurs sources. La maison protège son occupant, réfugié tout en haut, avec des sortes de triangles pointus et une double porte. La représentation évoque une problématique prégénitale avec un contenant protecteur et un environnement hostile ce qui permet la projection du bon et du mauvais.

 

S6 Cette production est réalisés selon les « canons » des processus secondaires ;  tous les éléments symboliques de l’angoisse sont présents: la couleur noire, symbole de la mort, le remplissage de la feuille qui ne laisse pas de place pour l’absence, le vide, le blanc et qui évite ainsi l’émergence d’affects dépressifs et la représentation d’un squelette, là encore un symbole de la mort, qui plus est un squelette phosphorescent d’animal inquiétant : « un Tyrex phosphorescent ». Un dessin dont l’objectif, inconscient, serait de transformer l’angoisse en peur, car, dans cette dernière, il y existe un élément objectif, identifiable et inquiétant. De plus, la peur est une réaction salutaire qui permet une mobilisation du sujet pour assurer sa défense.

 

 

S7 Tracés réalisés par un enfant de 2 ans. Pointillages, balayages et mouvements spiralés coexistent dans un ensemble assez stable et maîtrisé.

 

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